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Lire la géométrie du vivant
Voyage aux Philippines, 2015
Introduction
Lors d’un voyage aux Philippines en 2015, je n’ai pas cherché à documenter un territoire ni à produire des images spectaculaires.
J’observais. Lentement.
Ce qui m’intéressait déjà, c’était la structure : les lignes, les rythmes, les équilibres qui existent avant toute intention graphique.
Ces photographies ne sont pas un travail de photographe professionnel.
Elles sont des traces de regard, un regard qui nourrit aujourd’hui encore ma pratique de designer graphique.
Verticalités : révéler ce qui est déjà là
Dans cette première image, la forêt impose un rythme vertical évident.
Les lignes ne sont ni construites ni arrangées : elles sont là, naturellement.
Cette photographie rappelle une chose essentielle en design : la composition ne consiste pas toujours à ajouter, mais souvent à révéler.
En cadrant, je n’ai pas cherché à transformer le paysage, seulement à le rendre lisible.
Un principe que j’applique régulièrement dans la création d’identités visuelles : partir de l’existant, comprendre ses forces, avant toute intervention.
Répétitions vivantes : le motif comme langage naturel
La seconde image montre de jeunes pousses émergeant d’un sol aquatique.
À première vue, un paysage simple.
En prenant le temps de regarder, un motif apparaît : répétition, rythme, variation.
La nature fonctionne rarement par copie parfaite.
Chaque élément se ressemble sans jamais être identique.
C’est exactement ce qui rend un système graphique vivant :
-
de la cohérence
-
sans rigidité
-
de la répétition
-
sans standardisation excessive
Observer le vivant permet de mieux comprendre comment concevoir des identités visuelles durables, capables d’évoluer sans se diluer.
Structure radiale : changer de point de vue
La troisième photographie est prise en contre-plongée.
En levant les yeux, la structure apparaît immédiatement : une composition radiale, équilibrée, presque évidente.
Cette image me rappelle que la composition dépend souvent moins du sujet que du point de vue.
Changer d’angle, déplacer le regard, accepter de ne pas tout maîtriser permet parfois à la structure de s’imposer d’elle-même.
En design comme ailleurs, certaines réponses apparaissent quand on cesse de vouloir les forcer.
Un regard qui traverse le temps
Ces images datent de 2015.
Et pourtant, elles dialoguent encore pleinement avec ma manière de concevoir aujourd’hui.
Elles témoignent d’un rapport constant au vivant, à la géométrie naturelle, à l’équilibre entre structure et souplesse.
Un regard qui ne cherche pas à imposer une forme, mais à comprendre avant d’agir.
C’est cette approche que je cultive dans mon travail de designer graphique :
observer, structurer, révéler, plutôt que surcharger.
Photographies prises aux Philippines, 2015
Série : Géométrie du vivant
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